Rétrospective : Sorbonn’Help & La COP21

Du 30 Novembre au 11 Décembre 2015, l’association Panthéon-Sorbonn’help était à la COP 21 en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) au pavillon des populations autochtones. L’occasion de collaborer à travers de nombreuses conférences et expositions avec les peuplades autochtones qui couvrent la planète.

Du fin fond de la Sibérie, en passant par l’archipel indonésienne, naviguant dans les atolls de Micronésie, traversant les montagnes du Grand Nord Canadien, les peuples autochtones sont confrontés depuis des dizaines d’années à des problématiques environnementales et écologiques causées par les pays industrialisés et en voie de développement.

En effet, ces peuples vivent en accord avec la nature et doivent anticiper par eux-mêmes les modifications climatiques afin de voir leur culture ainsi que leur population survivre. Des dizaines de milliers d’individus au Canada, ils peuvent parfois être une trentaine dans les recoins les plus froids de la Sibérie à défendre un mode de culture, une histoire, des rites séculaires et une façon de vivre que nos sociétés contemporaines broient par un consumérisme important et un je-m’en-foutisme généralisé.

Les représentants des populations autochtones ont fait le déplacement, parfois sur des dizaines de milliers de kilomètres pour défendre une position humaine, universelle et pleine de bonté. Les mains ouvertes vers l’avenir, ils n’ont eu de cesse de nous rappeler que l’ère individualiste qui détruit la planète depuis de trop nombreuses décennies pose un réel problème de pérennité à leur survie.

Ne serait-il pas temps de changer notre mode de consommation, notre approche de l’environnement afin de continuer à vivre dans un espace viable et durable ? Autant de grandes questions que de réponses inexistantes de la part de nos dirigeants mondiaux.

L’association Panthéon-Sorbonn’help s’est engagée avec les populations autochtones durant la COP 21 parce qu’elle reste persuadée que l’association des compétences avec les multitudes d’acteurs qui couvrent la planète reste la seule solution viable pour un avenir durable et agréable.

Article rédigé par Hugo Favre,

Envoyé à la Cop21

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Notre partenaire Nxvision : au nom de l’écosolidarité locale

Hier, notre partenaire NxVsion s’est allié avec la Banque Mauritanienne (BCI) ainsi qu’avec l’association villageoise d’Agnam-Lidoubé (ASCAL).

Le projet ?

Favoriser la mutualisation des achats des villageois afin de réduire le coût d’importation. Cette mutualisation est rendue possible grâce à la coopérative créée par les femmes du village et à l’intégration de la solution de transfert d’argent proposée par Nxvision dans le projet.

L’économie faite sur les coûts d’achats est redistribuée en micro-crédits afin de soutenir des projets locaux voués à développer l’économie du village. Ces projets sont sélectionnés par l’association du village.

L’équipe de Sorbonn’Help est heureuse de participer à ce nouveau projet innovant et solidaire 🙂

Pour regarder la vidéo que nous avons réalisé pour présenter ce partenariat, c’est ici !

Encore une jolie année pleine de reconnaissance pour NxVision !

Entre les stages, les inscriptions et autres jobs d’été nous prenons aujourd’hui un temps pour vous tenir informé des nouvelles de notre association SORBONN’HELP, mais aussi de notre partenaire, NxVision.

Nous vous en parlions furtivement il y a quelques mois : Ibrahim avait été sélectionné avec 15 autres entrepreneurs (sur 60 dossiers déposés !) par le jury du Prix national du Créateur d’une Entreprise Sociale (CréEnSo) pour obtenir l’aide d’un étudiant de l’IESEG dans le développement de son projet.

Ce concours, créé à l’initiative de l’association des diplômés de l’IESEG et de la fondation Immochan pour l’entreprenariat social, a pour ambition de développer et animer un réseau solidaire de mécénat de compétences.

En mai dernier, après une journée d’auditions et de délibérations, le jury de la 4e édition du prix CréEnSo, composé de 10 personnes isssues de l’Economie sociale et solidaire, a attribué à NxVision la 3e place qui s’accompagne d’une récompense à hauteur de 5 000€. Au-delà du coup de pouce matériel que représente cette distinction pour l’amélioration et le déploiement du projet d’NxVision, c’est surtout une nouvelle reconnaissance du travail dévoué d’Ibrahim et de son équipe et la promesse d’un avenir pour les initiatives solidaires et innovantes comme celles d’NxVision.

Puisqu’il n’est jamais bon de s’arrêter en si bon chemin, Ibrahim, son équipe, ses partenaires du RAME (Réseau des Associations Mauritaniennes en Europe) ainsi que l’équipe de SORBONN’HELP se sont immédiatement remis en selle pour participer à l’appel à projet Greenback 2.0 lancé par la Banque mondiale en partenariat avec la ville de Montreuil et le ministère des Affaires étrangères et du Développement international. L’objectif général de ce projet étant d’améliorer l’efficacité et la transparence des transferts d’argent des travailleurs migrants et de favoriser l’émergence de services toujours plus pertinents, il semble presque avoir été créé pour NxVision ! Après un petit revers lors de la première phase du concours, Ibrahim, le RAME et SORBONN’HELP sont de nouveau sur les starting blocks afin de présenter un projet plus adapté pour la deuxième phase dès septembre prochain !

Encore félicitation Ibrahim !

SORBONN’HELP, enfin affiliée à Paris 1 !

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Bonjour à tous,

Un petit mot pour vous annoncer notre affiliation officielle à l’université Sorbonne Paris 1 !

Nous sommes très heureux de ce premier pas en avant et préparons déjà de quoi vous occuper pour la rentrée prochaine, notamment par l’organisation d’une conférence sur le co-développement, ou encore, comment allier business d’une entreprise et mission de solidarité sociale et économique ?

Si vous êtes intéressé par notre projet, que vous souhaitez rejoindre notre équipe, vous êtes les bienvenus !

Aussi, si vous avez envie de partager avec nous un projet ou une expérience de solidarité dans le domaine économique, social ou encore écologique, n’hésitez pas à nous envoyer vos articles que nous publierons sur le blog !

A très vite la Compagnie !

Le banking-mobile, une alternative innovante et efficace

Le mobile banking , au sens strict du terme, désigne les services financiers par téléphone portable, offerts par les banques. Il s’agit principalement de services de consultation de soldes, de paiement de factures et de transfert d’argent.
Au sens large, le concept s’étend à l’ensemble des services financiers pouvant être offerts avec ou sans compte bancaire par tout établissement agréé à cet effet. La complexité de ces services varie entre de simples textos jusqu’aux applications en ligne.

              Ces dix dernières années, la téléphonie mobile s’est développée de façon exponentielle en Afrique ; le taux de bancarisation, lui, demeure faible. Un tel contraste semble produire les conditions idéales pour une expansion du mobile banking sur le continent africain.

La majorité de la population africaine n’a aucun accès aux services bancaires formels. Seuls 20 % des foyers disposent d’un compte en banque, et ainsi, l’Afrique présente le plus faible taux de pénétration des établissements de dépôt au monde.

Particulièrement dans les zones rurales, qui représentent 60 % de la population africaine totale, le réseau des banques commerciales est sous-développé. L’accès aux services financiers est limité, en raison bien sûr de l’isolement géographique, mais aussi de l’insuffisance des infrastructures et la difficile compréhension du monde financier.

Ces facteurs semblent expliquer les coûts étonnement élevés des services bancaires dans ces zones. Ainsi, le montant minimum de dépôt peut atteindre jusqu’à 50 % du produit intérieur brut par habitant dans certains pays, et les coûts de transaction sont généralement relativement élevés.

Le mobile banking présente plusieurs avantages par rapport aux banques traditionnelles. Il est un précieux outil d’affranchissement des contraintes géographiques, est aussi immédiat, sûr et efficace. Il réduit, en outre, les coûts des transactions financières.

Le développement de ce mobile banking fait miroiter un idéal d’accès élargis aux institutions bancaires, à une universalisation. L’objectif premier serait l’intégration des populations non bancarisées, une acclimatation, un apprentissage.

Ces avantages ne sont clairement pas passés inaperçus :

En 2012, ce qu’on a pu appeler « l’argent mobile africain », s’élevait à quelques 61 milliards de dollars, plus encore que l’Europe et l’Amérique du Nord réunis.

Un exemple intéressant de cette réussite du mobile banking, est celui du Kenya :

En 2007, l’opérateur national de téléphonie mobile Safaricom, alors filiale de Vodafone, lançait M-Pesa (« M » pour « mobile » et « Pesa » pour « argent » en swahili). Ce service permettait au plus rudimentaire des téléphones portables de transférer de l’argent à un autre appareil par simple envoi de SMS. Rapidement, M-Pesa rencontre un franc succès : Fin 2008, cinq millions de personnes avaient recours aux paiements et aux transferts d’argent par téléphone portable. En 2009, ce chiffre était passé à 10 millions ; entre 2009 et 2010, le nombre de clients de M-Pesa progressait encore de 61 %, dont un tiers de personnes non bancarisées.

Aujourd’hui, M-Pesa est devenu un acteur à part entière de l’économie Kenyane. De nombreuses banques se sont greffées à son activité, comprenant les bénéfices à tirer d’un tel succès.

Une telle success story le montre donc clairement : les moyens d’assurer l’inclusion financière des populations africaines ne manquent pas. C’est ce que tend à faire NxVision en déployant un système de transfert d’argent par mobile en Mauritanie et au Sénégal.

Le développement du mobile banking semble pouvoir contribuer à stimuler l’épargne domestique et à faire progresser les transferts financiers à bas coût. Il permettrait également de réduire les coûts de transaction. Pour les populations pauvres et non bancarisées d’Afrique, le téléphone portable devient ainsi bien plus qu’un simple téléphone. Il devient une véritable banque à portée de main ce qui amène dès lors à une économie de temps en évitant de devoir se déplacer jusqu’en centre vile dans les institutions de transfert d’argent ou bien de devoir passer par des intermédiaire qui réclament une taxe.

Une limite cependant à une telle réussite : l’inégale pénétration de la téléphonie mobile. Celle-ci reste en effet très variable selon les pays, avec des taux de pénétration allant de moins de 10 % en Éthiopie à presque 100 % au Gabon – la moyenne s’établissant aux alentours de 33 % pour l’ensemble du continent africain. La révolution du téléphone portable ne touche pas tout le monde. La faiblesse des revenus, l’analphabétisme, constituent les principaux obstacles à l’acquisition et à l’utilisation des téléphones portables. À ces obstacles s’ajoutent des taxes élevées qui peuvent, dans des pays comme la Tanzanie, atteindre jusqu’à 30 % des frais globaux.

Néanmoins, la diffusion du banking mobile dans les régions adaptées est une bonne alternative pour les habitants mais aussi pour leur entourage émigré à l’étranger afin de réaliser leur envoi d’argent. Il s’agit aussi d’une excellente opportunité pour les commerçants et leur clients en leur offrant un moyen de paiement rapide, simple et qui permet de garder une trace de ses activités commerciales afin d’améliorer leur gestion. Le banking mobile permet ainsi de stimuler l’initiative entrepreneuriale au niveau local.

Article rédigé par Axelle Chaurang

DEBRIEF D’UN AFTERWORK SOLIDAIRE, lundi 22 décembre 2014

Depuis quelques temps maintenant, Ibrahim Diabakhate, organise chaque mois un afterwork afin que ses nombreux partenaires puissent se rencontrer. C’est l’occasion de partager nos expériences, nos idées pour construire un monde plus solidaire.

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C’est dans ces moments que l’on se rend compte de l’efficacité de la force collective pour réaliser un projet commun. Comme nous l’avons vu dans notre précédent article sur les retombées positives des transferts d’argent entre diasporas émigrées et pays de départ, nous pouvons rapprocher cette force de celle des migrations. Elles sont au cœur même du projet d’Ibrahim car sont avant tout un moteur de progrès et un générateur de richesse culturelle, humaine mais aussi économique. Nous, jeunes, appartenons à une génération qui, nous aimons le croire, dépasse les frontières établies entre religions, ou encore couleurs de peaux, ces guerres au prisme de critères qui n’ont pas lieux d’être.

Ce soir-là, dans les bureaux de l’incubateur technologique Creative Valley, nous étions tous rassemblés pour une même cause : tenter d’améliorer les conditions de vie de chacun, et notamment des populations immigrées et de leurs familles restées au pays.

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En fondant la société NxVision avec l’application mobile, Ibrahim Diabakhate cherche à stimuler l’esprit entrepreneurial et l’économie locale à travers les transferts des migrants. C’est en proposant des outils simples d’usage et accessibles qu’on peut espérer ainsi changer des mœurs. Avec ce projet ambitieux et philanthrope, Ibrahim a réuni autour de lui de multiples partenaires et de nombreux curieux. En une année, Grandes Ecoles, organismes de financement à la création, et Banques ont su lui démontrer leur soutien en lui décernant plusieurs prix. Aussi, au terme de la campagne de Crowdfunding qu’NxVision avait lancé ces derniers mois, la société a atteint plus de 130% de la somme initialement visée avec 43 actionnaires solidaires. Aujourd’hui, dans sa phase test, l’application compte déjà plus de 180 utilisateurs et près de 10 000 € de transactions réalisées.

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Pour cette soirée, SORBONN’HELP a aidé Ibrahim pour la communication de l’événement. Nous avons réalisé le flyer d’invitation et participé à l’organisation de la salle. Au cours de l’événement, nous avons aussi réalisé plusieurs photographies et filmé les intervenants afin de garder une trace de ce moment. Juliette et Axelle, ont contribué à la réalisation d’un questionnaire créé par un élève de Master 1 qui porte main forte à l’équipe NxVision. Enfin, nous avons créé pour NxVision une présentation visuelle ludique afin d’exposer le projet aux petits nouveaux venus se renseigner. Dans un second temps, cette présentation nous permettra de présenter l’application et son utilisation aux jeunes des foyers d’immigrés pour les sensibiliser.

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Un peu en retard, nous achevons les derniers détails puis Ibrahim prend la parole. Un message rempli d’espoir nous est transmis. Les larmes montent aux yeux d’Ibrahim touché par la présence et le soutien de toutes les personnes présentes qui partagent ses valeurs et le supportent dans ses ambitions. Après un remerciement personnalisé pour chacun des partenaires, commence la présentation du projet et du fonctionnement de l’application en direct.

Puis, se succèdent différents intervenants partenaires d’NxVision. Chacun porte un projet qui lui est propre, mais destiné à servir cette même cause philanthropique. Aussi, chacun tente d’intégrer l’application Nxvision au sein même de sa démarche. Ainsi plusieurs idées sont lancées : par exemple celle d’utiliser la plateforme comme moyen de paiement pour une épicerie, les migrants ayant ainsi la possibilité de payer à distance de la nourriture pour leurs proches.

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Sur ce, se clôt une soirée forte en émotion, mais aussi en solidarité, et en échange. En attendant la prochaine !

Article rédigé par Maïlys & Marianne

LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ PAR LES TRANSFERTS DE FONDS

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Transferts de fonds des migrants et développement

« L’impact des migrations a toujours été important dans les économies de départ (d’origine des migrants) grâce aux transferts de fond »[1] et le sont de plus en plus comme en témoigne le rapport des experts économiques de l’OCDE sur le financement du développement d’Août 2014. Dans cet article nous reviendrons sur ce lien entre transfert de fond des migrants et lutte contre la pauvreté, notamment au travers de travaux d’économistes sur le sujet. Enfin nous verrons en quoi le banking mobile est une solution adaptée pour faciliter ce type de flux vers l’Afrique subsaharienne.

En effet, les transferts de devises ont augmenté substantiellement représentant aujourd’hui le deuxième flux financier à destination des pays en voie de développement –derrière les IDE- avec environ 400 milliards de dollars annuels en 2013, soit quatre fois le volume de ce qu’ils représentaient dans les années 1990.

Or la singularité de ces flux est leur stabilité, contrairement à d’autres flux financiers publics ou privés internationaux, comme les Investissements Directs à l’Etrangers (IDE) ou l’Aide Publique au Développement (APD)3. En effet, contrairement aux IDE, qui augmentent lors de phases de croissance et diminuent lors de dépressions économiques, les transferts de fonds sont moins soumis à la conjoncture économique et sont en augmentation constante depuis les années 90, en dépit des multiples récessions et crises économiques qu’a connues le monde.

Pour le continent africain, les montants des transferts d’argent des migrants sont estimés à 62 milliards de dollars en 2013, dont un tiers entre les pays africains. Ils, représentent d’ailleurs la deuxième source de devises du continent après les investissements étrangers[2].

Si les études économiques ont montré que les transferts des devises avaient un impact sur le développement économique, notamment en ayant un effet expansionniste sur les économies des pays d’origine, leurs effets sur les performances macroéconomiques restent en débat. En effet les transferts de fonds étant davantage à des fins personnelles et familiales, ils ne peuvent de manière individuelle se substituer à l’action de l’Etat dans le développement du pays.[3].

Un article des économistes Lisa Chauvet et Sandrine Mesplé-Somps (2007)[4] démontre que les investissements directs étrangers accroissent les inégalités de revenu au sein des pays alors que les transferts des migrants tendent à les faire diminuer.

Deux autres économistes, Richard H. Adams et John Page (2005)[5] ont construit un panel composé de 71 pays en développement pour lesquels les données sur les transferts des migrants, la migration, la pauvreté et les inégalités de revenu sont disponibles et ont testé l’hypothèse selon laquelle les pays dont la main-d’œuvre migre davantage et qui reçoivent des transferts des migrants connaissent des taux de pauvreté relativement plus bas. Ils ont trouvé qu’un accroissement de 10 % du niveau de transferts par habitant contribue à réduire la pauvreté de 3,5 %.

Enfin, une étude du Fonds Monétaire International réalisée en 2005 examine la même question à partir d’un échantillon de 101 pays. Les résultats suggèrent qu’une augmentation de 2,5 % de la part des transferts dans le PIB est associée à une réduction du taux de pauvreté d’environ 0,5 %.[6]

En effet, en relâchant la contrainte financière des ménages, les envois de fonds des migrants sont susceptibles d’encourager l’investissement en capital humain et physique[7], lui-même favorable à long terme au niveau et à la stabilité de la croissance économique des pays récipiendaires[8]. Dans la mesure où les envois de fonds des migrants semblent également être plus stables que les autres flux de capitaux, ils peuvent constituer pour les ménages une forme d’assurance privée contre les chocs négatifs[9]. Enfin, lorsque les pays récipiendaires présentent des niveaux d’éducation et de développement financier suffisamment élevés, les envois de fonds des migrants sont susceptibles de réduire les inégalités de revenu au sein du pays.[10] L’effet dépend de quelle frange de la population sont issus la majorité des migrants. Il apparaît en effet que les envois de fonds tendent à réduire les inégalités de revenu dans les pays à revenu par habitant relativement plus élevé, dans les pays exportant une main-d’œuvre peu qualifiée et, finalement, dans les pays caractérisés par des coûts migratoires négligeables.

Par ailleurs, un accroissement des envois de fonds des migrants dans une communauté peut contribuer à augmenter les dépenses dans les secteurs de la construction et de l’immobilier ou toute autre forme d’investissement productif, ce qui favorise la création d’emplois et accroît les revenus des travailleurs des familles ne participant pas à la migration (il s’agit des effets dits de « second tour »[11]). [12]

Il était donc nécessaire de s’interroger sur les coûts des transferts de fonds (ceux vers l’Afrique demeurant les plus élevés) comme l’a fait la Banque Mondiale dans son rapport de 2005 : « Mobilizing Finance and Managin vulnerability » qui disait que l’impact des transferts de fonds sur le développement, dépendra de leur continuité, laquelle dépendra du degré de facilité avec lequel l’argent pourra être transféré. La Banque estimait alors que si les frais de transaction étaient réduis ne serait ce que de 5% les fonds envoyés dans les pays en développement augmenteraient de 3,5 milliards par an.[13]

Lors de sa présidence du G20, en 2011, la France a fortement soutenu l’adoption d’un engagement de réduction des coûts de transferts à 5 % du montant transféré d’ici 2014[14]

Plus récemment, le séminaire panafricains « transfert de fond des migrants et innovations financières » réunit à Tunis en mars 2014 par la BAD (Banque Africaine de développement) à permis des discussions entre 150 acteurs du développement et de la banque. Lors de séminaire, le mobile banking a été reconnu comme une solution innovante pour baisser les couts des transferts d’argent. Il doit notamment s’accompagner de la mise en place d’un cadre réglementaire adapté pour les opérateurs de téléphonie mobile, la mise en place d’une coopération technique sud-sud, la prise en compte des difficultés spécifiques au milieu rural et une connaissance fine des besoins potentiels.

NX Vision ayant conscience de l’importance des transferts de fonds, du faible taux de bancarisation de l’Afrique subsaharienne (inférieur à 20%) et du poids de la téléphonie mobile sur le continent, entend contribuer à ces solutions innovantes de mobile banking adaptées aux milieux ruraux de l’Afrique sub-saharienne.[15]

Un article rédigé par Marine Segura

 Notes de bas de page

[1] Fweley Diangitukwa[1],in Migrations internationales, co développement et coopération décentralisée. [2] (Banque mondiale, 2011) [3] Rapport des experts économiques de l’OCDE sur le financement du développement, août 2014 [4] CHAUVET, LISA, et SANDRINE MESPLÉ-SOMPS. (2007). “Impact des financements internationaux sur les inégalités des pays en développement.” Revue Economique 58: 735–44. [5] ADAMS, RICHARD H., et JOHN PAGE (2005). “Do International Migration and Remittances Reduce Poverty in Developing Countries?” World Development 33 (10): 1645–69. [6] Chauvet Lisa et al. , « Les transferts des migrants sont-ils plus efficaces que l’aide pour améliorer la santé des enfants ? Une évaluation économétrique sur des données inter et intra-pays », Revue d’économie du développement 4/ 2009 (Vol. 17) , p. 41-80 [7] (Edwards et Ureta [2003] ; Woodruff et Zenteno [2007]) [8] (Giuliano et Ruiz-Arranz [2009] ; Bugamelli et Paterno [2009]) [9] (Yang [2008 a, b] ; Mohapatra et al. [2009] ; Calero et al. [2009]) [10] (Koechlin et Leon [2007]). [11] John Adams [2006], [12] http://www.cairn.info/revue-economique-2010-6-page-1051.htm Impact des envois de fonds des migrants sur les inégalités de revenu dans les pays en développement [13]GUMISAI MUTUME, « Transferts de fonds : une aubaine pour le développement », Afriquerenouveau [14] http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/LPS_58_transferts_de_fonds_des_migrants_cle8d8268.pdf [15] (Jacquemot, 2013, p.22).